Traditionnellement, le premier mai est un jour de repos dévolu à la marche à pied généralement derrière des banderoles et des camionnettes équipées de puissants porte-voix. En ce sens, il ressemble à un autre jour, le 14 juillet, où il est de coutume de regarder marcher à pied pour des raisons essentiellement patriotiques certaines catégories de populations vêtues d’uniformes couleur kaki. Cette année, pour le premier mai, Canal + a décidé, arguant également de la proximité du Festival de Cannes, de cumuler les deux journées avec une programmation 100% franco-française. Les Programmes Courts se greffent sur le mouvement et, dès 3h18, (normal, il faut se lever aux aurores si on veut être aux premières loges pour voir le défilé) démarrent avec Le Serrurier de Sylvia Guillet.
À 9h53 (préambule au feu d’artifice ?), Les Astres noirs de Yann Gonzalez avec un Julien Doré charismatique. Puis, à partir de 15h47, c’est une rafale de trois courts : La Clef du problème de Guillaume Cotillard suivi, à 15h57, de Tony Zoreil de Valentin Potier et, enfin, à 16h16, du très bref (à peine 3mn) et très jubilatoire, Vostok 1’ de Jan Andersen, tout à fait d’actualité en cette journée martiale, son sujet étant la mise à feu d’une fusée. Seul bémol à cette initiative exemplaire d’une programmation véritablement tricolore, elle va à coup sûr servir de prétexte aux forces de police pour minimiser d’au moins 300 000 (nos téléspectateurs !) le nombre des participants aux cortèges syndicaux du premier mai.
ZOMBIES Canal + : vendredi 8 mai à 23h26 Canal + Cinéma : mercredi 13 mai à 23h50
Il va falloir se faire à l’idée, le devenir zombie de l’espèce humaine est désormais quasi une certitude. La faute à qui ? Au nucléaire, à la surnatalité, aux effets collatéraux de la crise sur les populations affamées ? Difficile de savoir quel sera l’élément déclencheur. Mais autant se résoudre dès maintenant à cette fatalité en regardant ce Mensomadaire, certes peu ragoûtant, mais finalement assez rassurant. En effet, si l’on suit le raisonnement de Will Hartman développé dans Food For Thought (Usa), dès l’instant où la prolifération des zombies induira un nouvel équilibre écologique entre les êtres habitant cette planète, il suffira d’inculquer aux morts-vivants quelques préceptes philanthropiques, frappés au coin du bon sens, pour préserver cet équilibre. Si cette condition est respectée, Matthias Vogel et Thomas Oberlies nous l’assurent, ce sera même le plein emploi garanti : Arbeit Für Alles (Allemagne), une vraie chaîne de solidarité entre les vivants et les morts. De toute façon, constate Courtney Thomas dans Flesheater (Usa), que l’on soit mort ou vif, c’est tout comme, on est confronté aux mêmes problèmes existentiels : vous pouvez donc vous laisser bouffer par votre chéri(e) sans inquiétude. En sus à ce Mensomadaire nécrophile, l’Ombre vient d’outre-tombe nous parler du zombie dans le court métrage français.
DÉCONTRACTÉS ! Canal + : vendredi 29 mai à 23h40 Canal + Cinéma : mercredi 2 juin à 20h15
La vie en communauté est parfois brutale : qui n’a pas ressenti un jour la sensation d’être rejeté d’un groupe, de se faire claquer délibérément la porte au nez ? Dans Participation (Bosnie), film réalisé à l’occasion du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, Jasmila Zbanic le démontre brillamment en un plan séquence de 3mn tourné dans un hospice de vieux. Si, par contre, vous avez le talent pour détendre l’atmosphère et faire rire un auditoire majoritairement constitué de cadres supérieurs revêches ou de hauts fonctionnaires atrabilaires, vous êtes parés pour le Succès (Hollande), nous dit Diederik Ebbinge. Mais sachez rester modeste, un os est toujours prévisible ! Magnanimes, deux anciens élèves du très british Royal College of Art, Bill Porter et Matilda Tristam nous initient aux méthodes les plus souples pour bien vivre ensemble, le premier pendant les vacances à la plage dans On Time Off, la seconde en prenant pour exemple un couple de vieux garçons dans The Conservatory. En fait, pour être tout à fait à l’aise en société, il suffit simplement de tomber la veste, voire même le slip, si l’on en croit Nu Händer dit Igen (Suède) de Gabriel Watson et Aschberg Frank. Alors soyons fous, vivons tout nus comme les danseurs et danseuses de Toe Jam (le clip du groupe concept anglais The BPA), totalement désinhibés, totalement décontractés.
Canal + : Vendredi 22 Mai à 23h19 Canal + Cinéma : Mardi 26 mai à 20h18 et Mercredi 27 Mai à 00h26
Événement à surtout ne pas rater ! Le vendredi 22 mai, aux alentours de 23h, Canal + diffusera un document absolument exceptionnel : le premier film réalisé par un singe. Oui, vous avez bien lu : un singe, nommé Capucine, de l’espèce capucin tout particulièrement réputée pour sa dextérité et sa capacité d’abstraction, deux qualités indispensables pour faire fonctionner quand on est néophyte des appareils à enregistrer de l’image et du son. En plus du maniement de la caméra, il a fallu initier le petit primate au langage cinématographique, une opération qui a été menée par le très sérieux Research Center On Animal Language d’Osumi au Japon.
Le protocole expérimental baptisé Œdipe (comme le titre du film de 6mn30 conçu par Capucine) ayant pu être suivi du début jusqu’à la fin par (heureusement pour nous !) une équipe française, celle d’Autour de minuit réunie autour du documentariste colombien Nieto, c’est ce qui nous permet aujourd’hui de vous présenter en exclusivité cette première mondiale. Il y aura bien sûr certaines personnes sceptiques ou médisantes pour douter de la véracité de cette expérience cinématographique. Répondons leur sans faiblir que jamais Canal + ne se serait engagée, si elle avait un seul instant douté de son bien-fondé, à la diffuser et, encore moins, à en assurer financièrement la coproduction.
Les films faits à la maison spéciale filles CANAL + : vendredi 15 mai à 23h18 CANAL + Cinéma : mardi 19 mai à 20h19, mercredi 20 mai à minuit 30 CANAL + Décalé : jeudi 21 mai à 6h38
Considérant (avec raison) que les filles sont généralement sous-représentées dans le milieu des filmeurs à la maison, Charlie Mars a décidé de leur consacrer ce numéro entier des FFALM. Après avoir rencontré Jackie Buet, la directrice et fondatrice du Festival International du Film de Femmes de Créteil et Marijane Miracle, artiste multimédia détonante, il en conclut (toujours avec raison) que les femmes, qu’elles soient seules, en duo ou en groupe, définitivement, savent y faire quand il s’agit de prendre une caméra et possèdent une singularité et une sensibilité qui n’appartiennent qu’à elles. Seules donc, comme Mélodie Grumberg qui, sur le mode du journal intime, se confie dans Zéro kilomètre heure, TK Kim qui, avec sa Déclaration d’ogresse faite en dessin animé, dresse une ode à l’amour ou, plus malicieuse, Annabelle Show qui, dans Gym Métro Tonic, détend l’atmosphère d’une rame parisienne. En duo, comme (et avec) Les Moyens du Bord, alias Julie Marx et Nathalie Kousnetzoff, qui filment chez elles des cartes postales vidéo surréalistes et minimalistes ou Camille Ghanassia et Sophie Garric qui, avec Sida Culotte et Polichinelle in the Box, livrent leur version touche-pipi des fameux Monologues du vagin d’Eve Ensler. Enfin, Uda Benyamina, qui officie au sein de l’assoce Mille Visages, prouve avec un humour cinglant dans Serial Dragueur que, face au sexisme, une fille peut avoir de la répartie. Vive les nanas !
Les films faits à la maison spéciale musique CANAL + : mercredi 27 mai à minuit 56 CANAL + Décalé : jeudi 28 mai à 6h38, vendredi 29 mai à 16h21
Charlie Mars, qui n’en est pas à un paradoxe près, célèbre dès ce mois-ci la fête de la musique (pourtant prévue le 21 juin) et nous concocte pour l’occasion un medley à sa façon bourré de clips frais et de morceaux inédits fabriqués par (et pour) des auteurs indépendants. Suivant l’adage selon lequel on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Charlie tout de go nous propose une de ses propres créations réalisée pour le tandem féminin Mansfield TYA. Si cela vous chante (c’est de circonstance), vous pouvez aussi en cliquant ici visionner les autres travaux de votre cagoulé favori. Alors, quelle est la playlist de Charlie ? On y trouve de la chanson à texte française (Rue d’Aboukir de Michaël Clément mise en images par Yan Duffas) ou anglophone venue du Canada (Life in a Carpool Lane de Kim St Pierre pour le groupe Mathias Mental). Une balade aux saveurs ibériques : Naci en Alamo des Plumber Popples clipée par Hadrien Genest. Deux bidouilleurs de sons : Hocine Annioui, alias Sino, beatbox humaine qui livre un duel à une console de mix dans Sino vs Machine et Dialokolectiv qui, dans Super Re-né, nous confie sa recette pour transformer du bruit en objet musical élaboré. Les plaisantins de Palmashow qui brocardent Greenpeace et un vrai groupe keupon Xerak qui nous chante Lèche ta gamelle (c’est quand même autre chose que Fous ta cagoule !). De façon instructive, Charlie ferme le ban de ce FFALM mélomane en s’entretenant avec Christophe Chryde, le concepteur des Concerts à emporter, concerts improvisés dans des endroits insolites que l’on peut retrouver ensuite illico sur Internet !
MALADRESSES CANAL + Cinéma : samedi 2 mai à 22h37 Rediffusions : le 3/5 à 3h56, le 7/5 à 19h54, le 8/5 à 2h55 et 7h02
Une maladresse, d’ordinaire, est perçue comme quelque chose de négatif et, si on se base sur l’étymologie, comme quelque chose même de mauvais. Ce Mickrociné, à la normande, vient faire la part des choses : dans une boulette, peut-être qu’y a du mauvais, mais y aussi du bon. Regardez, par exemple, Thomas dans Au lieu d’abracadabra (Suède) de Patrik Eklund. C’est vrai qu’il devrait faire un peu plus attention et éviter d’embrocher sa mère avec son sabre de magicien, mais sa gaucherie, au bout du compte, le rend plutôt touchant et lui assure du succès auprès des filles. De la même façon, Le Clou (Islande) qui, malencontreusement, s’enfonce dans la tête du héros du film de Benedikt Erlingsson, produit des effets sexuels secondaires qui, si l’on veut bien les juger de façon dépassionnée, peuvent être considérés comme absolument performants. Il n’y a en définitive que le chien de l’hilarant Hot Dog (Usa) de Bill Plympton pour être dans la gaffe véritablement néfaste. Cependant, il mérite des circonstances atténuantes : il voulait vraiment bien faire, mais son cerveau étriqué de canidé ignorait qu’une maladresse, parfois, en entraîne une autre.
COURTS D’ACTEURS CANAL + Cinéma : samedi 16 mai à 23h44 Rediffusions : le 17/5 à 3h02, le 21/5 à 19h58, le 22/5 à 3h15 et 7h02
On vous l’a annoncé en édito, ce mois-ci est un mois dédié au cinéma, le Grand cinéma, celui avec les actrices et acteurs qui, comme on dit, font la une des couvertures glacées des magazines. Il arrive parfois que ces actrices et ces acteurs célèbres (peut-être en souvenir de leurs lointains débuts dans le métier ?) viennent jouer dans des courts métrages leur accordant ainsi, par leur présence, la possibilité de bénéficier d’une plus grande visibilité. D’où le titre de ce Mickrociné consacré aux courts réalisés, non par des acteurs, mais avec des Acteurs, le A de majesté s’imposant. D’ailleurs, comment ne s’imposerait-il pas quand il est porté avec autant de grâce et de légèreté juvéniles dans Bien joué de Sandrine Veysset par ces véritables « monstres sacrés » que sont Jeanne Moreau et Michael Lonsdale ? Et on ne peut également que remercier Nicole Garcia d’avoir, avec une grande finesse, apporté le trouble de son jeu à Madame de Cyprien Vial ainsi que saluer Guillaume Canet pour sa contribution, certes un peu plus attendue, mais redoutablement efficace pour que soit résolue La Clef du problème de Guillaume Cotillard.
CONNAISSANCE DU MONDE CANAL + Cinéma : samedi 9 mai à 22h36 Rediffusions : le 10/5 à 3h21, le 14/5 à 19h53, le 15/5 à 3h52 et 7h02
Devenue plus confidentielle qu’autrefois, l’association Connaissance du monde organise toujours un peu partout en France des projections de films documentaires qui nous invitent à la découverte de pays et de cultures généralement exotiques. Le film de Tim Sternberg, Salim Baba (Usa), avec son portrait d’un projectionniste hindou itinérant, s’inscrit tout à fait dans cette perspective humaniste de compréhension d’un Ailleurs sans doute différent, mais aussi civilisé que le nôtre. Dans un contexte hindou également, Sushrut Jain, lui, choisit la fiction pour traiter au pied de la lettre dans Andheri (Inde/Usa) l’expression « connaissance du monde ». Son héroïne, qui depuis toujours vit recluse au service de sa patronne, décide, un jour, excédée, de fuir et d’aller voir à quoi le dehors peut bien ressembler : une histoire simple et, au résultat, très éloquente. Tout aussi simple et visuellement étonnant, le Broadcast Club nous fait ressentir avec Lila (France) de façon quasi tactile, en tout cas très sensitive, en se concentrant uniquement sur le comportement de vacanciers dans un camping, ce qu’est un microcosme – soit un monde en réduction.
LES CHANTEUSES QUI JOUENT LA COMÉDIE CANAL + Cinéma : samedi 23 mai à 22h35 Rediffusions : le 24/5 à 4h11, le 28/5 à 19h44, le 29/5 à 3h11 et 6h53
Parallèlement à la projection qui sera faite le 20 mai à la Semaine internationale de la critique à Cannes de l’intégralité de la Collection Ecrire pour un chanteur 2009, nous vous proposons ce Mickrociné spécial, d’une durée plus longue que d’habitude, réunissant exclusivement des chanteuses (les garçons, attendez votre tour !), quatre au total qui, pour nous, ont accepté de se métamorphoser en comédiennes. Hormis Elli Medeiros, qui est une habituée des projecteurs et incarne une exilée sud-américaine manipulée par un homme d’affaires français retors dans First Impressions de Nigel Bennett, pour les trois autres, il s’agissait vraiment d’un baptême du feu, et le mot métamorphose n’est pas usurpé. Il faut voir en effet Sheila (revenue de la Collection 2008) en héroïne virago de sitcom virant sa cuti et prête à rejoindre le MLF (ou tout comme) dans La Dinde d’Anna Margarita Albelo, Juliette jouant les aventurières intrépides dans le Paris des années 2030 du Rescapé de l’Hippocampe de Julien Lecat et, surtout, véritablement remarquable, Yelle incarnant une prostituée au grand cœur dans Une pute et un poussin de Clément Michel.
SUR LA ROUTE TOUT EST POSSIBLE CANAL + Cinéma : samedi 30 mai à 22h16 Rediffusions : le 31/5 à 2h55, le 4/6 à 19h53, le 5/6 à 4h08 et 7h03
Dans les années 1950, Jack Kerouac écrivit Sur la route, un livre qui fut l’emblème de toute une génération, la Beat Generation. Ce livre professait l’errance comme point de départ à des rencontres pouvant changer le cours monotone de l’existence. C’est un peu ce qui se joue dans chacun des trois courts de ce Mickrociné, les routes cependant étant de longueur variable et les rencontres produisant des effets différents. Pour le petit garçon de Guyane (France) de Imanou Petit, c’est sur un chemin de brousse dans la nuit que va se produire un événement qui va le faire entrer de plain-pied dans le monde des adultes. Il suffit par contre au romancier en panne d’inspiration de The Last Page (Usa) de Kevin Acevedo de descendre en bas de chez lui pour prendre un café pour qu’une série de phénomènes cocasses et insolites s’abatte sur lui, mais en même temps le libère de la crampe de l’écrivain. Professionnellement un camionneur, lui, ne saurait être troublé : ses trajets sont sans surprise, entièrement balisés par les disques horaires et les délais de livraison. Seul lui importe, comme le chauffeur du film de Javier San Roman, le déroulement du match Madrid Moscou (Espagne). Mais que surgisse une panne de radio et, alors, sur la route, tout devient possible.
Retour du petit coin des horreurs après deux mois d’absence. En quoi consiste ce petit coin ? Pour les oublieux, les retardataires ou les nouveaux venus, rappel du concept : il est simple, il s’agit de la diffusion chaque samedi sur Canal + après le film d’horreur (ou assimilé) d’un ou deux courts métrages du même acabit. Ainsi, le 9 mai, à 1h34, après le bourrin des frères Strause, Aliens vs Prédator : Requiem, est proposé Lundi, 35 mg (France) de Benoît Lestang qui décrit, remarquablement interprété par Florence Thomassin, le comportement d’une femme schizophrène. Le 16 mai, à 1h25, après le mouton psychokiller de Black Sheep, c’est une autre créature née de manipulation génétique, La Femme anguille (GB) de Paul Campion, qui viendra hanter votre sommeil.
Le 23 mai, place aux troubles de l’imaginaire puisque, après le vénéneux Orphelinat de Juan Antonio Bayona, Bjørn Melhus nous entraîne dans sa Prairie (Allemagne) peuplée d’êtres inquiétants et énigmatiques. Le 30 mai, enfin, à 2h09, après l’improbable (qualificatif qui peut être entendu dans un sens autant positif que négatif) Day Watch de Timur Bekmambetov, le tout aussi improbable Ich Bombe (France), vrai-faux journal retrouvé par Daniel Klein d’un déséquilibré persuadé d’être Leni Riefensthal, la cinéaste égérie d’Adolf Hitler, viendra conclure ce petit coin des horreurs de mai.