Après avoir œuvré les deux années précédentes pour les chanteurs, La Collection change de cap. En effet, face à cette fichue crise qui s’incruste, deux attitudes sont possibles : subir ou réagir. La Collection a choisi la seconde et a donc pris la crise comme fil conducteur de la série de films qu’elle initie. Pour l’assister, elle a fait appel à neuf personnalités, esprits rebelles ou connus pour leur franc-parler, qui non seulement vont jouer dans les films, mais vont aussi apporter leurs idées personnelles sur la crise et, ainsi, donner du piment à cette série. Ces neuf volontaires sont le jouteur littéraire François Bégaudeau, l’ancien footballeur Vikash Dhorasoo très engagé dans la vie associative, l’humoriste vachard Fabrice Éboué, le comédien militant de la cause des sans-abri Augustin Legrand, la survitaminée actrice-réalisatrice Maïwenn, le sarcastique présentateur Grolandais Moustic, deux pétroleuses, la romancière Virginie Despentes et la comédienne Lou Doillon, et le chanteur punk Didier Wampas. Pour participer à La Collection, il suffit de rédiger, à partir de l’idée de la personnalité de son choix, un scénario d’une durée comprise entre 5 et 10 minutes maximum.
© Philippe Mazzoni/CANAL+ Ce sont ces idées qui importent, il est donc vivement conseillé d’aller visionner, avant tout, les interviews de nos neuf lascars sur notre site. Une fois le scénario écrit, il doit être adressé accompagné d’un synopsis, d’une note d’intention de mise en scène, des C.V. du réalisateur et du producteur (il est impératif que les réalisateurs soient représentés par une maison de production), d’un devis estimatif, le tout en trois exemplaires, avant le 1er Août 2009 à CANAL+ Programmes Courts et Créations – La Collection, 5-13 boulevard de la République, 92100 Boulogne-Billancourt. Un jury réuni autour des neuf personnalités choisira cet été les scénarios qui seront retenus et le tournage des films aura lieu à l’automne, CANAL+ s’investissant sous la forme d’un préachat de 25.000 euros par film. La Collection pique sa crise, proposée en partenariat avec PANAVISION, FUJIFILM, PÔLE IMAGE HAUTE-NORMANDIE et POITOU-CHARENTES CINEMA sera présentée simultanément sur CANAL+ et au Festival International de Clermont-Ferrand fin janvier 2010, ainsi qu’en mai à Cannes dans le cadre de la Semaine Internationale de la Critique. Informations complémentaires au 01 71 35 26 59
CANAL+ : mardi 2 juin à 23h47 CANAL+ Cinéma : mercredi 3 juin à minuit 33, vendredi 26 juin à minuit 42
CANAL+ ouvre ce mois de juin spécialement son antenne, du 1er au 4, à ces spécimens d’humanité aux boutons d’acné et à l’ego tourmentés que sont les adolescents. L’esprit résolument juvénile des Programmes Courts et Créations ne pouvait que s’enthousiasmer pour une telle initiative. D’où cet Adorama, programme de 2h15 constitué de neuf courts métrages venus du monde entier entrecoupés de portraits de jeunes français âgés de 13 à 19 ans, réalisé par Pascal-Alex Vincent et présenté par deux des chanteurs et musiciens de Coming Soon. Pourquoi Adorama ? Tout simplement parce qu’en neuf temps, c’est un bref panorama qui est esquissé de ces instants cruciaux que représente pour l’adolescent le passage à l’âge adulte. Nous n’en évoquerons que quelques-uns, les plus significatifs. Pour Dmitry Povolotsky, ce passage s’effectue dans Pal/Secam (Russie) sur le mode de la farce bouffonne tandis que Sam Taylor-Wood, s’inspirant du romantisme punk des Buzzcocks, décrit dans Love You More (GB), sans fard mais avec beaucoup de pudeur, ce qu’est réellement un dépucelage.
Pour l’adolescent, le dépucelage est la première vraie prise de conscience de la nature violente inhérente à l’être humain. C’est ce que démontre crûment le bouleversant Smáfuglar (Islande) de Runar Runarson où la violence de l’acte sexuel terrifie ses deux jeunes héros, « moineaux » à peine tombés du nid, et, en même temps, les initie à la vie. Il y a là un Rite (USA) à accomplir et le jeune, pour grandir, doit s’y conformer nous explique Alicia Conway, Un rite qui, par bien des côtés, relève de la monstruosité et c’est sans doute la raison pour laquelle Spencer Susser dans I Love Sarah Jane (Australie) prend prétexte d’une pandémie zombie pour montrer des ados, livrés à eux-mêmes, se comporter comme les adultes qu’ils sont enfin devenus.
ANIMATION CRÉTINE CANAL+ : vendredi 12 juin à 23h35 CANAL+ Cinéma : mardi 16 juin à 20h15, mercredi 17 juin à minuit 40
Mensomadaire fête le prochain Festival international du film d’animation qui se tiendra du 8 au 13 juin à Annecy en abordant ce qui est le B.A.BA du dessin animé : la crétinerie. Quoi de plus crétin en effet que de s’escrimer des heures entières à faire bouger image par image des figures en 2D ou 3D. En même temps, grâce à cela, on peut atteindre des sommets dans la transgression de la normalité que le cinéma standard est incapable de concevoir. Tout devient possible, du plus délirant au plus iconoclaste : traiter au pied de la lettre l’expression « crétin des Alpes » dans Panique au village (Belgique) de Vincent Patar et Stéphane Aubier ou révéler, comme dans Santa, the Fascist Years (Usa) de Bill Plympton, que le Père Noël est en fait un dictateur totalement mégalo.
D’ailleurs, la démarche de Plympton, nous explique l’Ombre, est semblable à celle d’un autre « grand » de l’animation américaine, Don Hertzfeldt, qui subvertit la réalité par le dessin en la réduisant à des comportements primitifs et basiques. Quasi-bestiaux. Et c’est sans doute parce que l’homme vaut bien l’animal que le cinéma d’animation, quand il s’agit de transposer la crétinerie humaine, a pour habitude de convoquer toute une ménagerie : poulpes sentimentaux dans Oktapodi (France) réalisé par six élèves de l’École de l’image des Gobelins, musaraignes libidineuses dans Our Wonderful Nature (Allemagne) de Tomer Eshed, gentils animaux de la forêt mélomanes dans KJFG n°5 (Hongrie) d’Alexei Alexeev plus, Mensomadaire n’étant pas en reste, la série de chiens stupides conçue, avec notre partenariat, par les étudiants de La Poudrière à Valence.
CANAL+ : samedi 27 juin à minuit 3 CANAL+ Décalé : dimanche 28 juin à 1h04
Le X étant, à de très rares exceptions (Ovidie, Virginie Despentes, Catherine Breillat), essentiellement une affaire d’hommes, SecondSexe.com, milite pour que soit exposé sur la place publique une authentique vision féminine du désir. À cet effet, ce site artistique et culturel dédié à la sexualité de la femme (sic) avait l’année dernière, avec le soutien de CANAL+, confié à six personnalités féminines la réalisation de courts métrages ouvertement érotiques. L’opération portait un nom emblématique et frondeur : X Femmes. Celle-ci ayant été un succès, elle est réitérée cette année. Ni tout à fait pornographique, ni simplement exhibitionniste, c’est une collection Xceptionnelle (par la qualité de ses auteurs) de quatre films Xtrêmes et Xplicites qui est donc diffusée ce mois-ci, à « certaines heures pâles de la nuit », comme dit le poète, sur CANAL+.
Une réplique tirée du film de Blanca Li, Pour elle, résume la coloration générale de cet X Femmes n°2 : « La sexualité, ce serait simple, ça se saurait ! ». Zoe Cassavetes contant les turpitudes d’un Samedi Soir cocaïné, Tonie Marshall évoquant Le Beau sexe et sa nature fantasmatique, Anna Mouglalis montrant Les Filles sous un jour à la fois cru et pudique, toutes ont en effet une représentation du désir trouble et ambiguë. Un peu sombre, également. Seule, Blanca Li prend le parti inverse et, dans un film solaire, donne à voir l’épanouissement d’une femme d’âge mûr, interprétée de façon lumineuse par Victoria Abril, prise au jeu d’un 5 à 7 peu conventionnel.
Les films faits à la maison en mode ado CANAL+ : mercredi 3 juin à 23h21, lundi 8 juin à 10h25 CANAL+ Décalé : jeudi 4 juin à 6h38, jeudi 18 juin à 6h38 CANAL+ Cinéma : mardi 9 juin à 20h19
Les FFALM se mettent au diapason de la semaine ado de CANAL+ et envoient leur émissaire, Charlie Mars, prendre le pouls de la jeunesse : quelles sont ses aspirations, ses désirs et, aussi, ses doutes. Une chose est sûre pour Matthieu Loche, la vieille rengaine que serinent les adultes issue de 1968, Fais pas ci, fais pas ça, les jeunes s’en balancent. En fait, ils se cherchent. C’est du moins le sujet de la web-série, Décide-toi, Clément ! de Paul Paulsen, une série où la fin de chaque épisode se décide en fonction du vote des internautes. Ce qui concerne les ados, fondamentalement, de génération en génération n’a pas changé. C’est toujours la mode et les fringues que brocarde Julien Emperaire dans Don’t Slim. Le sport, surtout quand il procure des frissons comme le « parkour », curieuse discipline que pratiquent Anthony Clementi, Nicolas Lhobet et Christopher Nicaise dans Nice Spirit. Son petit quant-à-soi, que reconstitue avec quelques bouts de carton animés image par image, Alice dans Chambre à suéder. Dans le même esprit pixillatoire, Axel Vanlerberghe se penche sur un problème capital pour l’ado, le Changement corporel du végétatif, soit l’apparition des poils ! Bref, les jeunes en général veulent se la couler douce et, quand ils font des films, se marrer comme Elliot Lepers avec sa parodie de feuilleton british, Banana Moon. D’autant que le rappelle Marcel le fourbe, Passer mon bac est, au final, leur préoccupation majeure. Après, on verra...
Les films faits à la maison spécial carnet de voyage CANAL+ : vendredi 19 juin à 23h12 CANAL+ Cinéma : mardi 23 juin à 20h19 CANAL+ Décalé : jeudi 25 juin à 6h38
Charlie Mars, la cagoule bien enfoncée sur ses deux oreilles, revêt sa parka, chausse ses chaussures de marche, enfile son sac à dos et part, pour un FFALM transcontinental, sur les traces des filmeurs globe-trotters. Avant, il lui est nécessaire d’obtenir quelques conseils pratiques auprès de Laurent Ardouint et Stéphane Prat qui, dans J’ignorais , lui fournissent une combine pour faire de l’autostop de façon plus ou moins efficace, et du baroudeur Brice Lartigue qui en sait long sur l’art et la manière de réaliser un road movie. Le voyage peut alors commencer. Direction, tout d’abord, la Grèce avec Soeur Colette (alias Frédérique Lelaure). Puis la Chine où François Picard, dans le cadre de son association Culture-Aventure, est allé en vélo et a rapporté le film Caractère chinois et poussière rouge. Un petit détour par NYC (New York City) qu’a arpenté, pas à pas, Pierre-Édouard Joubert. Rien de mieux ensuite que de se diriger en terrain connu, dans nos bons vieux DOM-TOM, à la Guadeloupe, où le gang redoutable des Streetkiss assaille les passants de bisous. Stimulé par cette dernière rencontre, Charlie, plus aventureux que jamais, s’est alors décidé à suivre Florian Brucker au Pérou dans sa Conquête du Machu Picchu. Depuis, on est sans nouvelles de lui.
CONNAISSANCE DU MONDE CANAL+ Cinéma : samedi 6 juin à 22h24 Rediffusions : le 7/6 à 3h22, le 11/6 à 19h54, le 12/6 à 2h27 et 7h02
Devenue plus confidentielle qu’autrefois, l’association Connaissance du monde organise toujours un peu partout en France des projections de films documentaires qui nous invitent à la découverte de pays et de cultures généralement exotiques. Le film de Tim Sternberg, Salim Baba (Usa), avec son portrait d’un projectionniste hindou itinérant, s’inscrit tout à fait dans cette perspective humaniste de compréhension d’un Ailleurs sans doute différent, mais aussi civilisé que le nôtre. Dans un contexte hindou également, Sushrut Jain, lui, choisit la fiction pour traiter au pied de la lettre dans Andheri (Inde/Usa) l’expression « connaissance du monde » : son héroïne, qui depuis toujours vit recluse au service de sa patronne, décide, un jour, excédée, de fuir et d’aller voir à quoi le dehors peut bien ressembler. Une histoire simple et, au résultat, très éloquente. Tout aussi simple et visuellement étonnant, le Broadcast Club nous fait ressentir avec Lila (France) de façon quasi tactile, en tout cas très sensitive, en se concentrant uniquement sur le comportement de vacanciers dans un camping, ce qu’est un microcosme – soit un monde en réduction.
CINÉ-TÉLÉ CANAL+ Cinéma : samedi 20 juin à 22h38 Rediffusions : le 21/6 à 3h22, le 25/6 à 19h59, le 26/6 à 3h18 et 7h08
Trois courts métrages français pour un Mickrociné ludique construit comme un jeu de piste où il faut trouver des indices illustrant le thème donné : Ciné-Télé. Mon premier est facile. Le titre du film de Shaun Severi Citizen Versus Kane (prix CANAL+, Clermont 2009), est déjà un aveu en soi pour les cinéphiles ; pour les autres qui ne sont pas au parfum, l’intrigue (que nous ne dévoilerons pas) parle pour elle-même. Mon second est un peu plus retors. Ce film de Carlo Vogele, For Sock’s Sake, histoire de chaussettes passablement déjantée et crétine (normal, c’est un dessin animé, cf. Mensomadaire ci-dessus), ne semble avoir qu’un lointain rapport avec le schmilblick, mais il s’agit d’être perspicace et d’ouvrir ses oreilles. Quant à mon troisième, là, il va falloir se triturer les méninges. Quelle influence peut donc bien avoir le ciné ou la télé sur la rumination misanthropique du menuisier Machin, héros de Patrons, employés, même combat ! de Grégory Hervelin, film primé aux récents Audi Talents Awards ? Pas fastoche ! La solution, c’est samedi 20 juin sur CANAL+ Cinéma.
LES PETITS PLAISIRS DE LA VIE CANAL + Cinéma : samedi 13 juin à 22h30 Rediffusions : le 14/6 à 3h35, le 18/6 à 19h54, le 19/6 à 3h25 et 7h02
Bien plus que des petits plaisirs, c’est de la quintessence du plaisir, celui que procure l’acte sexuel (pratiqué seul, en couple ou en groupe), qui fait l’objet de ce Mickrociné. Rassurez-vous, cela reste tout à fait regardable et peut même être instructif. Notamment sur la nature du désir féminin dont Marie Benito nous fait la chronique dans El Deseo (Mexique) à travers le parcours d’une femme seule qui retrouve sa féminité en se réappropriant son corps. Quant au jubilatoire The Ecstasy Note (Canada), c’est ni plus ni moins la question de l’orgasme et de son évanescence (la difficulté que l’on a à définir et retenir cette sensation) qui y est abordé. Tout laisse à penser désormais, si l’on considère l’expérimentation rigoureusement scientifique qui est menée avec une fourchette par Geoffrey Uloth dans son film, que l’orgasme (appelé aussi « note extatique ») est la conséquence directe d’un comportement à caractère masochiste.
© Magali Bragard / Amda Production LE REGARD DES AUTRES CONTRE L’HOMOPHOBIE CANAL+ Cinéma : samedi 27 juin à 22h18 Rediffusions : le 28/6 vers 3h45, le 1/7 vers 20h, le 2/7 vers 3h et 7h
Dans le cadre d’un plan de lutte contre le mal-être des adolescents et des jeunes adultes lors de la découverte de leur homosexualité, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) et le ministère de la Santé et des Sports ont lancé l’automne dernier avec le soutien de CANAL+ une opération intitulée le Le Regard des autres. Son objet : écrire un scénario de court métrage centré sur la prise de conscience de son orientation sexuelle et sur son acceptation (ou non) par son entourage. Cinq films ont été retenus, puis tournés sous l’égide de la société Amda Production, et constituent ce dernier Mickrociné d’avant les vacances. La coïncidence n’est pas innocente, les vacances d’été étant la période de l’année où, sexuellement, les jeunes particulièrement se lâchent. Ce que Pascal Alex Vincent a bien compris avec En colo qui sert de cadre à une histoire où ados, monos, chacun semble à sa place, mais où les apparences sont trompeuses. Ce sont des vacances aussi, mais au sens très large, que prend Omar, le héros de Sébastien Gabriel, puisqu’en raison de son homosexualité, il va quitter à jamais la cité où il était, pourtant, tout à fait intégré. Rodolphe Marconi, lui, dans Basket et Maths, relate la partie d’échecs sentimentale que jouent entre eux deux garçons, tandis que Céline Sciamma prend le parti de traiter dans Uniforme, en un simple monologue, de ce moment charnière où une jeune fille découvre sa « différence ». Xavier Gens et Marius Vale, enfin, ont choisi avec Fusion In, Fusion Out l’arme de la dérision pour lutter contre l’homophobie : jeunes gens, ne vous laissez pas aller à la dépression, assumez sans crainte votre homosexualité, le superhéros gay Fusion Man veille sur vous !