Paris se cherche toujours une grande television locale Les Londoniens ont leur télévision locale. Les Madri- Llènes aussi. New York a près de 10 chaînes qui consacrent des programmes à l’actualité de la ville et de sa région. La chaîneMarseille dif- fuse depuis un mois sur la Cane- bière... les Parisiens et les Franci- liens, eux, attendent toujours. Dans Paris même, quelques chaînes asso- ciatives (Téléplaisance, Télébocal) gardent encore une audience confi- dentielle. Et au-delà du périph, la dif- fusion des informations locales reste limitée géographiquement : TVFil 78 à Saint-Quentin-en-Yvelines, Val- d’Oise TV autour de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), Coquelicot TV à Chelles (Seine-et-Marne), etc. L’arrivée de la télévision numé- rique terrestre (TNT) pourrait tout changer. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel vient en effet d’entamer ses consultations en vue d’attribuer la dernière fréquence encore dispo- nible pour une télévision numérique locale en Ile-de-France. Cette fré- quence permettra de créer jusqu’à six nouvelles chaînes. Le marché est considérable : 10 à 12 millions de téléspectateurs po- tentiels et des candidats qui s’annon- cent déjà nombreux. « Au moins 15 à 20 projets privés se présente- ront au coude-à-coude », prédit Chris Hofen, directeur du journal professionnel des télévisions locales. Parmi les candidats pressentis le groupe Amaury (« le Parisien » et « l’Equipe »), mais aussi France-An- tilles qui possède déjà des parts dans une télé locale à Grenoble, NRJ ou encore le groupe AB... Un nouveau marché pour la publicité Pour de nombreux experts, la télé lo- cale est en effet le dernier secteur de développement pour la télévision tant en termes d’audience que de marché publicitaire. Au final, plu- sieurs types de télévisions pourraient voir le jour : une chaîne d’informa- tion généraliste régionale, une chaîne thématique ou communau- taire, un patchwork de petites chaînes associatives... « Des choix doivent encore être faits pour savoir si ces chaînes seront gratuites ou payantes », précise Phi- lippe Levrier, l’un des sages du CSA en charge de ce dossier. Du côté des petites chaînes existantes, on serre déjà les rangs. « Evidemment, nous postulons », commente Christian Souffron, directeur des programmes de l’association Télif (télévision d’Ile- de-France) qui fédère trois et bientôt quatre télévisions locales du Val-de- Marne, de l’Essonne, du Val-d’Oise et des Yvelines. Vendredi prochain, Télif (disponible sur le câble et le sa- tellite) diffusera une première émis- sion culturelle à l’échelle franci- lienne baptisée « Scènes sur Seine ». Les télévisions associatives non plus ne veulent pas être les oubliées de la TNT. Ce matin, les responsables de Téléplaisance et Télébocal doivent se réunir pour, eux aussi, constituer un dossier de candidature.
Nicolas Fertin