Entre Hollywood et Moscou, entre les multinationales et l’Internationale, Fritz Lang construisit à Berlin, sur le plateau de Metropolis, sa tour de Babel du cinéma où les pèlerins venaient lui rendre hommage. Il y a accueilli Carl Laemmle et S. M. Eisenstein. Le souvenir des visites du fondateur du studio Universal et de l’auteur du Cuirassé Potemkine a été préservé par le photographe de plateau Horst von Harbou, qui prit des milliers de clichés au long du tournage, de mai 1925 à octobre 1926.
Cette entreprise énorme aboutit, comme son modèle biblique, à un effondrement catastrophique : la UFA, le grand studio allemand, ne se remit jamais des pertes engendrées par la mégalomanie du projet, et le film de Lang disparut peu de temps après sa sortie. Le souvenir de ce moment paroxystique de l’histoire du cinéma se déploie dans les salles de la Cinémathèque, avec l’exposition "Metropolis" créée à Berlin en 2009, ici augmentée d’éléments des collections de la Cinémathèque.