Téléplaisance

Conseils techniques

vendredi 24 mars 2006, par teleplaisance

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C’est sur... pour joindre cette aventure, il faut aller au-delà des appréhensions techniques. S’y retrouver entre le mode d’emploi de la caméra, des fils et des bidules... et puis avant tout, s’y retrouver dans ce que vous voulez faire réellement. Aussi, pour vous aider à passer le cap, voici quelques conseils amicaux concernant :

- Le tournage
- Le montage
- La compression
- Le choix de l’heure de diffusion

avec en bonus
- Le Guide du Mixart

PDF - 83.1 ko
Guide du Mixart

N’hésitez plus... Faites vos propres émissions !

LE TOURNAGE

Rappel technique concernant la video : La lumière qui traverse l’objectif du camescope est analysée via une grille. Cette grille découpe l’image en petits carrés qu’on appellera plus tard pixel. Chaque carré transmet alors un taux de lumière avec ses variations de couleurds. Couleur et lumière sont transformés en ondes électriques. Ces ondes sont déposés sur la bande magnétique de votre cassette. Voilà pour l’image. Pour le son, c’est le micro qui capte les transformations d’ondes transmises par l’air. Ces ondes sonores sont transformées en signal électrique plus ou moins fort. Ces impulsions électriques sont de même déposés sur la bande de votre cassette video. Donc, la vidéo est un signal qui peut être généré, lut, transmit et reproduit. Le résultat peut être emmagasiné ou vu instantanément, contrairement à la pellicule cinéma qui doit être développée à un prix inabordable. Si l’image et le son peuvent se transmettre par de simples fils conducteurs, c’est qu’ils sont transformés en signaux électriques. Il y a deux signaux qui composent l’image et le son. Le signal vidéo (image) et le signal audio (son). Ces deux signaux sont enregistrés sur un seul et même ruban mais, ils sont traités séparément.

Ce qui entraine ces attentions !
- à ne pas poser vos cassettes videos près d’une source magnétique (téléphone portable, enceinte audio...)
- à vérifier la quantité de lumière qui entre dans le camescope. Ceci vaut lorsqu’on filme en courant en passant de l’intérieur à l’extérieur. Normallement, avant de tourner, faites la balance des blancs. Posez une feuille blanche. Filmez la et appuyez sur le bouton Balance des blancs (voir le mode d’emploi de votre camescope) Cela rééquilibre les couleurs selon l’éclairage
- à rajouter une lumière si votre personnage ou objet principal est dans l’ombre. Faites attention aussi au contre-jour, aux reflets des miroirs et des vitres.
- à vérifier le volume du son que vous enregistrer, vérifier s’il n’y a pas de tondeuse ou de four à micro-ondes qui vont gêner la compréhension. L’idéal est de disposer d’un micro externe. Les micros intégrés dans les camescopes captent les sons de toutes les directions, font la moyenne et prennent autant le bruit environnant que la parole du Messie.
- à vérifier si votre tournage va durer longtemps... si oui, rechargez vos batteries, ayez sous la main plusieurs cassettes, prenez un pied ou un baton pour garder la caméra stable.

En ce qui concerne votre dispositif : Avant d’enclencher le "rec" de votre caméra, récapitulez sur une feuille :
- quel est la base rythmique de votre film (geste, objet, parole, lieu)
- quel est son but, ce que vous voulez montrer à tout prix (intention, scénario, idée)
- quel est le découpage du film (générique, intro, 1ère séquence, 2ème... quel final, quel générique de fin)

Les génériques peuvent s’écrire sur des feuilles, les murs, être chantés, chuchotés... Les émissions débats peuvent se tourner dans n’importe quel lieu : cuisine, salon, montagne... (attention au bruit environnant) Les reportages peuvent se tourner et ne pas être montés. Ce que vous filmez, c’est ce que vous allez montrer. Dans ce cas, scandez votre film, faites des plans pas trop longs, ne cherchez pas à ennuyer le spectateur, posez les questions en courant et en criant, à la fin de chaque plan trouvez une astuce pour que le plan suivant puisse succéder sans heurt, situez l’action, concluez. Les fictions dépendent de votre imaginaire et du temps que vous allez y consacrer. Tout rpoblème a une solution.

LE MONTAGE

Rappel technique concernant le montage : Le montage consiste à associer une série d’images et une série de sons au sein d’une unité temporelle. Il s’agit de re-écrire le film à partir des éléments que vous avez collecté, soit par tournage, prise de son, soit en créant des images et des sons avec votre ordinateur.

Techniquement :
Relier votre camescope à votre ordinateur. Capturer les images et les sons depuis un logiciel de montage. Reprenez vos feuilles où vous avez noté vos intentions et le cécoupage de votre film. Posez les plans de votre film les uns à la suite des autres. Regardez si cela vous convient. Ecoutez. Si le son permet de raconter mieux que l’image, enlever des images. Eviter la redondance ou le spectaculaire à tout prix. Sur votre ordinateur, rassemblez dans le même dossier tous les éléments dont vous allez vous servir pour faire ce film : images, sons, textes... Sinon, jamais vous suarez où se trouve ceci cela.

Un logiciel de montage se structure toujours de la façon suivante :
- un espace où se se stocke les rushes images et les sons que vous importez dans votre projet. Donc un chutier dans lequel vous puiserez vos sources.
- une TV pour voir soit les rushes soit le montage
- une ligne temps sur lequel vous déposez vos rushes pour créer votre montage
- en haut, une ligne de menu vous permettant de "sauvegarder", "ouvrir", "importer", "exporter"

Le montage ne se fait pas en un tour de main... soyez patient. Sachez distinguer les problèmes issus de l’association de vos images avec vos sons, du problème issu de votre logiciel, du problème issu parce que vos fichiers images et sons sont palcés n’importe où, du problème issu de la connectique du fil mal branché, du problème issu de la caméra qui s’est éteinte entre temps, du problème issu de l’écran qui n’est pas allumé ou du système qui plante ... mais le jeu en vaut en chandelle !

Pour vous aider dans cette étape, voici une série de réflexions glanées ici et là :

Vous savez que c’est la manière
Dont quelquechose est raconté
Qui, beaucoup plus que la matière,
De tout récit fait la beauté.
Charles Perrault

"Je n’écris jamais un scénario avant de partir en repérages. Je n’écrirais pas : "il fut mettre la porte de la grange ici". Je cherche d’abord la porte, puis j’avance au fur et à mesure. Quand on trouve la porte, elle doit être aussi importante qu’un acteur, car elle a une identité."
Abbas Kiarostami

Euripide : Tu n’as nul besoin d’entendre ce que tu verras à l’instant devant tes yeux
Mnésiloque : Et je n’ai pas non plus besoin de voir ?
Euripide : Non, pas ce que tu auras à entendre Euripide

"Il suffit que nous nous bouchions nos oreilles au son de la musique dans un salon où l’on danse, pour que les danseurs nous paraissent aussitôt ridicules." Henri Bergson

On rapporte la voix off à une abscence dans l’image. Je crois qu’il faut inverser la démarche et référer les voix à leur effet dans ou sur l’image. J’appellerai voix off, stricto sensu, celle qui est toujours parallèle au défilé des images, qui ne les recoupe jamais.

Exemple : le commentaire d’un documentaire sur les sardines peut dire ce qu’il veut (décrire les sardines ou les diffamer), il reste sans impact mesurable sur elles. Elle ne s’adresse qu’au spectateur avec lequel elle fait alliance, contrat sur le dos de l’ !image. Dans ce cas, la voix off a un effet de forçage.... La voix off qui force l’image, qui intimide le regard, c’est un des modes privilégiés de la propagande au cinéma.

J’appellerai au contraire voix in la voix qui, en tant que telle, intervient dans l’image, s’y immisce, s’y marque d’un impact matériel, d’un double visuel, comme par exemple, si, au cours d’un reportage en direct, j’interroge quelqu’un. Même émise hors-champ, ma voix va faire irruption dans l’image (in), heurter un visage, un corps, provoquer l’apparition furtive ou durable d’une réaction, d’une réponse sur ce visage, ce corps. J’ai appelé voix off et voix in des voix dont l’émission reste invisible. La voix out, c’est tout crûment, la voix en tant qu’elle sort de la bouche. Un de ces objets que le corps expulse. La voix out participe à fétichiser le moment de la sortie. Il y a un abus de la voix out, notamment par l’explosion du nombre d’interviews. Enfin, il faudrait en toute logique appeler voix through (voix à travers) celle qui est émise dans l’image mais en dehors du spectacle de la bouche. C’est la voix la plus mystérieuse, insaisissable, à toujours chercher.
Serge Daney

Toute oeuvre valable détermine les lois qui lui sont propres. Le rythme met en jeu un processus de persistance des images et des sons. Le rythme n’est pas une simple affaire de métrique. Le montage, outre qu’il permet de construire un film, permet de redéfinir les proportions temporelles des plans et des séquences c’est à dire leur longueur relative. Le rythme est une relation d’intensité dans des relations de durée. L’intensité d’un plan dépend de la quantité de mouvement (physique, dramatique ou psychologique) qu’il contient et de la durée dans laquelle il se produit. Ce qui compte, ce n’est pas la durée réelle mais l’impression de durée. La relation des plans se calcule en fonction de l’impression de durée produite par chacun d’eux et non en raison de leur longueur métrique. Jean Mitry

Monter un film, c’est le réécrire. Fritz Lang

La philosophie du cinéma - si elle existe - doit être dans l’agencement des images, dans la manière dont elles se déroulent, et non dans les messages, qu’on nous assène d’ailleurs avec une massue. Claude Lévi-Strauss

Il va de soi que le point de vue ne peut être motivé, qu’en considération de ce qui, d’une scène ou d’un objet donné, doit précisément pénétrer dans la conscience et la perception ; de même que l’on retranche par le bord du cadre ce qui ne doit pas pénétrer dans la conscience et la perception, le choix d’un raccourci est dicté par ce qu’il convient précisément de proposer, avec une force de conviction maximale, à la contemplation. S.M. Eisenstein

LA COMPRESSION

Vous venez de finir votre montage. Vous souhaitez envoyer un DVD. Il vous faut donc compresser votre film pour qu’il tienne sur le disque, c’est à dire qu’il faut que l’ordinateur créé un nouveau fichier video mais cette fois ci compressé. Cette opération se fait souvent via le menu "exporter" de votre logiciel. Vous allez créer un fichier mpeg2. A ne pas confondre avec un fichier mpeg4 qui lui est destiné à internet.

Caractéristiques techniques à respecter pour l’image :
format MPEG-2 ISO/IEC 13818-2 MP@ML
25 images par seconde,
définition de préférence 480x576,
GOP pouvant aller jusqu’à 24 images, jusqu’à 2 images B au maximum,
débit 3,0 Mbi/s CBR. Caractéristiques techniques à respecter pour le son :
format MPEG/MUSICAM (MPEG-2 layer II) ISO/IEC 13818-3,
48 kHz, mono oustereo ou joint-stereo (à vous de choisir)
débit maximal 256 kbi/s CBR.

LE CHOIX DE L’HORAIRE DE DIFFUSION

Souvenez-vous que le but est de partager votre audiovision. Transmettre à un public. Il ne s’agit pas de s’exhibitionner ou de vouloir à tout prix choquer. Sachez choisir votre public suivant l’heure que vous avez choisi pour diffuser votre création.

A quelle heure correspond votre film... est ce un film de débat, de digestion, de dénonciation, de coquinerie....

Vaut-il mieux le voir le matin, la nuit, le soir, l’après-midi ?

Qu’attendez-vous de cette diffusion... Qui comptez vous émouvoir, toucher, sensibiliser ?

Le sort des yeux et des oreilles des téléspectateurs est entre vos mains.

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